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 Faites pas gaffe.

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Lycaon
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MessageSujet: Faites pas gaffe.   Lun 11 Mai - 20:59

Déjà, ce qui m'a sauté aux yeux, c'est le visuel.
Visuellement, que ce soit dans la photo ou la réalisation, c'est super beau et ça me fait réellement aimé le Canon 5D. Et Paris rend vraiment bien en cinémascope pour le coup. C'est riche et il y a beaucoup d'idées comme celle de comparer les Parisiens à des fourmis. D'ailleurs, cette séquence m'a fortement fait penser à la trilogie des Qatsi (Kooyanisqatsi surtout) même tu as su rester cohérent avec le rythme.
Et puis tu as réussi à sublimer la ville de Paris que je trouve très belle dans sa nature urbaine. En règle général, les décors sont géniaux.

Ensuite, pour les acteurs, j'ai eu un réel coup de cœur pour Clément Chauvin.
Le reste du casting est également très bon, Henri Rizk joue très bien ce côté un peu naïf, perdu, découvrant un peu à la manière d'un enfant la nature, en exemple le fait qu'il pose un journal avant de s'assoit.
Ensuite, je n'ai pas réellement compris le segment entre Floriane et Sylvia, c'est peut-être moi qui ai loupé un petit détail mais j'ai cru comprendre que les deux filles étaient en couple, mais comme Sylvia semble s'adresser à Patissot... si tu pouvais m'éclairer sur ce point?

Alors, je préfère prévenir que je n'ai pas lu la nouvelle de Guy de Maupassant. Le côté burlesque/absurde est génial, j'ai réellement ri à certains moments, la scène qui suit le rendez-vous avec le docteur par exemple. Le docteur lui conseille de prendre l'air et voir son visage ensuite regarder la Seine d'un air "bon bah... voilà, je prends l'air... bon...", ça m'a fait franchement rire.
Maintenant, je ne sais pas si la fin de la nouvelle et comme la fin de ton court-métrage, mais je suis plutôt resté sur ma faim. Dans le sens où j'étais emballé, je voulais vraiment suivre ses aventures et j'attendais peut-être à une "chute", même si je trouve ce mot et cette notion un peu craignos, ou en tout cas à une "conclusion".
Par contre, je trouve ça cool de ne pas trop savoir qui sont le couple dans la forêt ni ce qu'il cherche et de ne pas avoir trop de détails sur la vie de Patissot, on ne s'intéresse comme ça qu'à la situation et ce côté un peu absurde est mis en valeur.

Pour finir, la musique est vraiment chouette et colle parfaitement à l'ambiance.
J'émet cependant des réserves, peut-être est-ce le mixage qui est en 5.1 (et à mon grand regret, je n'ai pas d'équipement son 5.1) mais je devais parfois tendre l'oreille pour entendre les quelques dialogues.

Voilà!
Merci de m'avoir fait partager ton court-métrage et oui, pour revenir à "Needle", je vais approcher Clément Chauvin pour le rôle de Larry et voir ce que Yannick et lui apporte, ayant des physiques et un jeu radicalement différent, ça peut-être très intéressant.


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MessageSujet: Re: Faites pas gaffe.   Jeu 14 Mai - 8:43



CLOSE ENCOUNTERS OF THE THIRD KIND  
RÉALISÉ PAR STEVEN SPIELBERG
ECRIT PAR STEVEN SPIELBERG D’APRÈS UN SCÉNARIO DE PAUL SCHRADER
SORTIE EN FRANCE LE 24 FÉVRIER 1978
AVEC RICHARD DREYFUSS, FRANÇOIS TRUFFAUT, TERI GARR, MELINDA DILLON ET BOB BALABAN


Brody - You're gonna need a bigger boat.


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MessageSujet: Re: Faites pas gaffe.   Ven 15 Mai - 3:54

Et si j'ai envie de faire gaffe ?
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MessageSujet: Re: Faites pas gaffe.   Ven 15 Mai - 21:15

Toi tu as le droit. <3
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MessageSujet: Re: Faites pas gaffe.   Mer 8 Juil - 12:14

PIER PAOLO PASOLINI


Alors.... quand on m'a dit qu'il fallait que j'aille voir Edipe Re, et les films de Pier Paolo Pasolini, pour ma rentrée des classes, j'ai gueulé. Pourquoi? Parce que Salò o le 120 giornate di Sodoma. Un élève intègre accepte de voir la filmographie pour arriver en forme et tombe sur ce film, sans se renseigner au préalable, ça risque sincèrement de le choquer. Surtout quand tu sais que le réalisateur ayant pondu Funny Games a peur du film, ça place le bordel. Même si je reprendrais ce film dans une chronique que j'appellerais "Ce chef-d'oeuvre que je ne verrais jamais", je ne voulais pas me frotter à ce cinéaste italien.
Et c'est en voyant Love, le dernier film de Gaspar Noé (qui est un réalisateur que j'adore... parce que Benoit Debie) et l'immense poster de Salò dans la chambre de Murphy que j'ai compris que c'était hyper réducteur de juger un cinéaste qu'à un film. Du coup, je me lance dans sa filmographie, n'ayant vu que Edipe Re. Par ailleurs, j'ai acheté la biographie du monsieur par René de Ceccatty.
NB: Je ne vais parler que de sa filmographie en tant que réalisateur, pas de ses livres, de ses scénarios ni de ses poèmes.
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MessageSujet: Re: Faites pas gaffe.   Mer 30 Sep - 17:04

FIVE MINUTE FOR TURKISH PRÉSENTE « NEEDLE » ÉCRIT ET RÉALISÉ PAR SAMUEL BERREBI DIRECTION PHOTO LOUIS BERGOGNÉ
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MessageSujet: Re: Faites pas gaffe.   Jeu 12 Nov - 17:39

1842. Le soleil ainsi que le fouet des maîtres frappent à la plantation Amity. Notre seul réconfort est le chant, nous chantons des chants que nos maîtres appellent des chants de nègres. Nous chantons des messages d'espoirs, des messages de liberté. Nous chantons pour ne pas entendre notre dos pleurer et nos genoux agonir. "Well some say John was a baptist some say John was a Jew, but I say John was a preacher of God and my bible says so too". Les chants de nos maîtres sont différents. Le message n'est que celui de la haine et de la violence.

Mon nom d'esclave est July et je travaille à la plantation Amity, dans la Nouvelle-Orléans. Ici, nous travaillons au service du maître Albert Johnson et dans le pays, il est connu pour être le maître le plus dur quand il s'agit de traiter ses esclaves. Mon mari travaille dans le champs de coton et je travaille dans la maison du maître, dans les cuisines. Mon mari subit quotidiennement les coups de fouets des maîtres ainsi que la chaleur et les moustiques. Ici, nous sommes privilégiés. Nous sommes bien habillés et nous sommes à l'abri de la terrible chaleur et des coups de fouets. Le maître n'en reste pas moins violent avec nous, il nous frappe, nous humilie et exige de nous la perfection sous peine de terribles représailles. Je m'y suis habitué. Après deux ans, tout le monde s'habitue aux sauts d'humeurs de maître Johnson.
Pour beaucoup, être à la plantation Amity était synonyme de mort. Et on s'habitue aussi à vivre avec la mort.

Mon mari et moi avons traversés la mer pendant de longs jours dans une cave avant d'arriver ici. Nu, nous étions entassés comme du bétail dans une chaleur étouffante et une odeur putride semblable à celle de la mort. Sans doute que des gens étaient mort. Les esclaves ne croyaient plus au mariage et ils avaient raison. Nombreuses familles avaient été séparés à leurs ventes. Ces familles déchirés ne se reverront jamais. Nous y étions habitués. 1840. Nous arrivons sur la terre américaine. Nous sommes restés quelques mois dans la plantation Amistad dans la ville de Sugarland. Affaibli par le terrible voyage mais ensemble. Nous étions au service du maître Marshall Gill Tatum. J'étais placé dans la maison et mon mari travaillait la terre. Je m'occupais des enfants de la femme du maître et le diable était une personne, c'était elle. Elle était terriblement jalouse de nous, elle nous insultait à longueur de journée de sale nègres qui ne mérite aucun sort que celui de mourir sous les coups de fouet. Le soir, allongé dans mon lit, j'entendais la porte s'ouvrir et des pas frappait le sol tel des coups de haches sur un arbre. Maître Marshall se glissait dans nos lit. Aujourd'hui, c'était dans le lit de Amantha. Dos à la scène, il ne me reste que les sons. Le son d'un homme, profitant de sa position pour salir nos corps. Des cris étouffés de douleur mélangé à d'ignobles râles de plaisir. Et le silence. Amantha venait d'arriver. C'était le cadeau de bienvenue du maître Marshall. Elle aussi, elle s'habituera.

Après quelques mois, je pars à la plantation Amity, avec de nombreux autres esclaves et mon mari est avec moi. Nous ne sommes pas toutes aussi chanceuses que moi. Une esclave laisse à Amistad ses enfants et son mari. La première journée à la Nouvelle-Orléans. La maison du maître Albert est plus grande que celle du maître Marshall, seulement, il est encore plus dur avec nous. Amantha, qui était partit avec moi, s'est fait fouettée pour avoir fait tomber une assiette après avoir reçu une gifle du maître. Ils l'ont fouettées si fort qu'elle s'est évanouie et ne s'est jamais réveillée. Ici, la mort est courante. Le maître est riche, trouve ses esclaves à bon prix et nous le fait savoir. Il nous dit que c'est une chance pour nous d'être ici. Alors que je débarrasse la table, le maître m'invite à rejoindre une pièce isolée. Je savais ce qu'il m'attendait. Un jour, ce sera mon mari qui sera à la place d'Amantha. Et un jour, ce sera moi. Je m'y suis habituée. Le maître était connu pour être violent. "My soul arise in heaven, Lord for the year when Jordan roll"


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MessageSujet: Re: Faites pas gaffe.   Jeu 12 Nov - 19:34

Eh mais attend ? En fait ce topic c'est ton Word ? Razz
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MessageSujet: Re: Faites pas gaffe.   Jeu 12 Nov - 20:50

... ouais, j'aime tellement la police d'écriture et le forum que... ouais :')
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MessageSujet: Re: Faites pas gaffe.   Jeu 12 Nov - 21:17

Ahah Razz
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MessageSujet: Re: Faites pas gaffe.   Ven 11 Déc - 13:35

Nous sommes en décembre, c'est-à-dire à un mois de la nouvelle année. À un mois du futur. Seulement, si le futur est proche, il n'est pas encore le présent, il reste encore Noël. Et oui.
Noël est une période magique. Enfin, elle était magique... et vous savez quoi? Je n'ai jamais fais Noël. Je n'ai jamais connu ces longs dîners familiales, ces oncles bourrés un poil raciste, ce Père Noël qui arrive la barbe mal mise ou encore cette joie d'ouvrir un fleuve de cadeaux couverts de papier-cadeau qu'on s'empresse de déchirer tel des lions affamés afin de tristement découvrir deux pauvres livres de poche sur la seconde guerre mondiale. Pire encore, je n'ai jamais connu ce sentiment de fierté de récité sa liste de cadeau reçu à la récréation, vous savez, les fameux "moi j'ai eu un avion qu'on peut conduire avec une manette" suivi d'un "oh ben moi, j'ai reçu la nouvelle Playstation" (bande de petits cons).
Avant de découvrir les joies de la carte illimitée, je passais mes journée à regarder la télévision et plus particulièrement les téléfilms préférés des français en décembre: les films de Noël.

Vous savez, ces films crémeux remplis de bons sentiments où l'esprit rayonne dans le cœur tel une pub Coke.
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MessageSujet: Re: Faites pas gaffe.   Dim 20 Déc - 12:00

Nous sommes le six avril deux-mille quinze et je me trouve devant un cinéma indépendant du quartier latin, vous savez, ces petit cinéma à une salle ou deux, diffusant des films qu'on aime ou qu'on a jamais eu la chance de voir sur un grand écran. Parfois ce sont des vieux films muets, parfois ce sont des films plus récents et parfois, c'est tout à la fois. Ce jour-là, le cinéma en question organisait un cycle Paul Thomas Anderson et je n'avais que vaguement entendu parler de ce cinéaste américain qui avait émergé dans les années quatre-vingt dix. Ne faisant rien dans le soirée et étant proche du lieu, j'ai pris un billet pour un film dont je ne connaissais rien: There Will Be Blood.
Alors, je m'installe dans la salle, une salle du cinéma que je ne connaissais pas d'ailleurs, excité à l'idée d'une nouvelle découverte cinématographique, anxieux de ne pas avoir de réseau sur mon smartphone (je fais parti de ces personnes qui détestent ne pas avoir de réseau, on ne sait jamais ce qu'on loupe sans réseau). C'est comme ça que j'ai découvert Paul Thomas Anderson. Une semaine plus tard, j'avais engloutis sa filmographie: du plus coupé au montage par les sagouins de la production avec Sidney au plus mystique avec Inherent Vice. Trois mois plus tard, je lisais Les Sept Samouraïs: Hollywood somnolait, ils l'ont éveillés! et avec le temps, j'ai compris l'importance de ce cinéaste dans ma vie de bohémien parisien.

Paul Thomas Anderson aime filmé les figures charismatiques (Tom Cruise dans son rôle d'homme macho dans Magnolia), les ascensions suivi des chutes qui ça implique (le personnage de Mark Walhberg dans Boogie Night) ou encore les relations pères-fils (dans tout ses films d'ailleurs, qu'ils soient réellement des liens sanguins - Boggie Night, Magnolia - ou affectif, comme dans Sidney). Et bien vous avez quoi? There Will Be Blood exploite tout ses thèmes dans les quinze première minutes.

D'abord, le silence. Et puis cette musique, inhabituelle des productions du cinéastes, aimant la musique populaire, qu'ellle soit des années soixante ou des années deux-milles. D'ailleurs, le cinéaste aime les longues séquences d'introduction au visuel travaillé: le long plan-séquence de Boogie Night ou la corrasion des plans de Magnolia et ici, un homme. Un homme seul, au fond d'un trou, qui ne parle pas, qui creuse, qui tape, qui soulève, qui travaille. Ce long travail, cet homme qui entreprend son avenir, son succès, à la sueur de son front, au détriment de sa santé. Un introduction qui ne tient à rien qu'à la force du style, L'ascension d'une figure charismatique, travaillant seul malgré l'équipe qu'on découvre au fil du temps et puis un bébé. Son bébé. Son fils. Son enfant. La mère n'est pas là, il est seul à éléver son enfant. Et enfin, la mer de pétrole.

Puis 1941.
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MessageSujet: Re: Faites pas gaffe.   Dim 20 Déc - 17:08

Dans cette critique, et contrairement à la précédente, nous allons parler que du film. De un, parce que je ne connais pas assez le réalisateur et de deux, parce que ce film suffit à lui-même, c'est un tout, une entité.
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MessageSujet: Re: Faites pas gaffe.   Mar 22 Déc - 11:22

Il y a des ces jours où je n'ai envie que de voir des films, rien que des films. Alors, je regarde des films.
Ma journée de samedi s'est résumée à voir American Beauty, quatre fois, ma journée de dimanche s'est résumée à voir la plupart des John Cassavetes et aujourd'hui, je suis allé au cinéma, du matin au soir (d'ailleurs, je vous conseille vivement La Vie très privée de Monsieur Sim, je ne sais pas s'il va vous plaire mais il a le mérite d'être vu - dommage qu'il y ait eu Star Wars pour lui priver d'une réelle exposition -).
Tout ça pour dire que c'est le moment idéal pour voir La Maman et La Putain, parce que je n'ai envie que de ça: d'un long film de trois heure tourné en 16mm gonflé en 35mm (ça a son importance, si si, c'est plus... sauvage?)

Et bien du coup je l'ai vu.

Enfin, j'ai enfin vu la maman et la putain.

Il y a de ces jours où je n'ai envie que de voir des films, toute la journée, du réveil au coucher. Alors, je regarde des films, beaucoup de films. Souvent, je regarde les mêmes films plusieurs fois, American Beauty par exemple, que j'ai vu quatre fois en une journée ou alors l'intégrale (enfin presque, le coffret ne comprend que cinq de ses plus grands films) de John Cassavetes. Puis, je vais au cinéma du matin au soir, ce qui me permet de vous conseiller La vie très privée de monsieur Sim sans et évidemment le nouveau Star Wars que j'avais vu le jour de sa sortie et que je vais revoir le soir de Noël, l'avantage de ne pas faire Noël est d'avoir une salle vide le soir du réveillon.
Bon, si je vous dis ça, c'est surtout pour me réconforter, j'ai l'air moins d'un fou obsessionnel du cinéma en écrivant à quelqu'un d'autre mes journées. Et puis sans doute que ce genre de période vous prend aussi, que ce soit avec des livres ou avec des films.
Et oui, ça a un rapport avec mon visionnage de votre film préféré, je pense que c'est la meilleure période que celle où je n'ai envie que du septième art pour voir un film de trois heures trente.

Alors ai-je aimé, ai-je détesté? Le suspense semble à son comble... j'ai adoré.
Il y a un an de cela, je vous disais que je détestais Jean-Luc Godard ainsi que La Nouvelle Vague, même si je reconnaissais l'impact que cette vague avait eu sur le cinéma. Un an après, le bilan? Bah j'aime bien le petit Godard, même avec tout ces défauts, j'irai presque à dire que j'aime (un peu) Adieu au langage. Malgré ce constat de mon évolution, j'appréhendais La maman et la putain. Un film en noir et blanc, tourné en 16mm, avec une date de sortie inconnue et jamais sorti en DVD, ça excite comme ça effraie.
Finalement, ce film, c'est quoi? Du dialogue. Et c'était merveilleux. Sans mentir, c'était quand même un peu compliqué, il fallait se tenir pour voir les trois heures trente en une fois, mais j'ai réussi et je ne le regrette pas.

La mise en scène d'abord. Elle semble assez pauvre et pourtant, elle filme ses dialogues avec une précision folle. Des champ-contre champ en 3/4, des c-c-c de face, des dialogues ou les deux personnages sont sur le même plan, il épuise toutes les possibilités pour qu'on vive les dialogues d'une manière différente à chaque fois.
Et ces scènes, deux d'après ma mémoire, où un personnage (Alexandre et la maman) écoute de la musique, de la très belle musique, sans rien faire, en lisant un peu, en fumant un peu mais en se laissant guider à la musique. Des moments de grâce qui nous laisse le temps de comprendre, d'encaisser.
Les décors ensuite. Ce Paris du après-mai 68. Ces cafés remplis, lieux de rencontre, lieux où l'on fume, où l'on lit, où l'on parle, où l'on se saoul. Une chose est sûr, après avoir vu ce film, j'avais envie de sortir, puis de commander un café en terrasse, de lire ("Je vais mieux", de David Foenkinos) et de fumer. Enfin, de vivre dans une petite pièce, avec un matelas au sol et un lecteur de vinyle avec ces personnages, ces fantastiques personnages.
Les personnages.
Alexandre, ce bohémien parisien, qui fume, qui boit, qui parle, beaucoup, qui s'écoute parler, qui drague, qui vit au crochet d'une femme. Cette femme, la maman. Leur relation surtout. Ils se vouvoient et se font l'amour. Ils vivent ensemble mais jamais l'un avec l'autre, elle est jalouse sans qu'ils s'imposent une sexualité monogame. L'ami d'Alexandre et ses lunettes rondes, ses foulards, son alcool, sa chaise roulante. Il est un peu l'image qu'Alexandre voudrait être, sans jamais le dire, sans jamais le faire comprendre. On le sait, enfin, j'ai cru le savoir. Et enfin, cette putain, paumée.

Je pense que c'est ça qui m'a le plus marqué dans ce film. Veronika est perdue et elle représente cette jeunesse, perdue, paumée après la libération sexuelle. On m'a tant vanté l'après mai-68, ces femmes nues, qui fumaient, qui buvaient, une époque merveilleuse disaient-ils pourtant, ce film montre exactement l'inverse. Elle parle crue, fait beaucoup l'amour à beaucoup de personnes, boit beaucoup et ce speech de fin, où, en larme, elle avoue qu'elle ne sait pas ce que tout cela veut dire. Pourtant, elle ne recherche que l'amour. Une jeunesse sous le coma de ce mai 68, de cette libération des mœurs sans que cela ne veuille réellement dire quelque chose.
Qui sont-ils, que veulent-ils?

Il faut aussi savoir que j'ai fini le film il y a une heure, je n'ai pas encore tout compris, tout entendu ni tout vu. C'est aussi ça le problème des films de trois heure et plus: ils sont denses. Il m'a fallu six visionnages d'Apocalypse Now pour tout comprendre.

Alors, j'irais revoir ce film, avec plaisir. En attendant, à vous de voir American Beauty.

Samuel, avec beaucoup trop de fautes d'orthographes.
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MessageSujet: Re: Faites pas gaffe.   Mar 22 Déc - 20:31

Bonjour!

Après une année de beaux et loyaux services, j'ai décidé de me séparer de mon ordinateur portable afin de passer sur un ordinateur fixe.
Je cherche donc un foyer aimant pour mon ordinateur, que j'appelle Marla.

Marla est un Asus ROG G56JR-CN179H (sa fiche sur matériel.net: http://www.materiel.net/ordinateur-portable/asus-rog-g56jr-cn179h-101593.html).
Elle a un processeur Intel i7-4700HQ qui permet de très rapide rendu en montage vidéo par exemple et une très grande vitesse de calcul dans le montage également.
Elle a une carte graphique NVIDIA® GeForce™ GTX 760M qui permet de faire tourner la plupart des jeux-vidéos.
Son disque dur est de 750GO.
Marla permet donc de jouer et même de faire du montage vidéo.

Marla est surtout très pratique.
Pour voir des DVD, son écran HD (1920x1080) et surtout sa dalle anti-reflet permet un confort qui va réellement me manquer.
Son clavier rétro-éclairé est plutôt silencieux et pratique.
Marla est en règle général, très silencieuse. D'ailleurs, je le vend avec un refroidisseur pour PC Portable qui fait plutôt bien son travail.

En un an, le PC ne m'a jamais fait défaut et je l'entretient régulièrement avec des produits pour nettoyer les écrans ainsi qu'un dépoussiérant à gaz comprimé.
Le seul bémol est sa batterie. Après un an, celle-ci ne tiens plus que 30 minutes et le chargeur s'est un peu décroché., comme le montre la photo ici:
Par rapport au chargeur, il marche très bien, j'ai mis seulement beaucoup de scotch afin de garantir sa sécurité.

Normalement, vous savez tout, le prix est négociable et il ne s'agit que de le donner en main propre.
Il tourne sur Windows 8.1 64 bits et sera bien évidemment réinitialisée, vérifiée et tout le tralala.

Merci pour votre lecture et à bientôt!

Samuel.
taileuredeurdeune@gmail.com
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MessageSujet: Re: Faites pas gaffe.   Jeu 31 Mar - 12:22

557662
C'est tellement jouissif d'être un salopard ! Face à une menace aussi énigmatique qu'invincible, l'agent secret Amanda Waller réunit une armada de crapules de la pire espèce. Armés jusqu'aux dents par le gouvernement, ces Super-Méchants s'embarquent alors pour une mission-suicide. Jusqu'au moment où ils comprennent qu'ils ont été sacrifiés. Vont-ils accepter leur sort ou se rebeller ?

Depuis quelques années, une terrible menace plane au-dessus de nos têtes: la politique des trailers. Le but d'une bande-annonce? Vendre un film. Pourtant, à l'ère des réseaux sociaux et de l’hyper-connectivité, les films estampillés big dollz mothafouka tentent de devenir le film le plus hype du moment à coup de bandes-annonces qui en foutent plein les mirettes. Les gros studios balancent une bombe et regardent tranquillement les Twitter et autres Facebook devenir dingue.
Quelques exemples? Mad Max: Fury Road, Star Wars: The Force Awakens, Piscine-Morte, le récent Justice League (la bande-annonce est disponible ici) et enfin, la hype estivale 2016: Suicide Squad.

Première règle dans la promotion d'un film? Il faut y aller mollo-mollo. Rien ne sert de courir, il faut partir à point. Seulement, Suicide Squad et ses promotions à outrance semblent avoir brûler les ailes de son propre produit. Vous savez: Jared Leto et ses cadeaux surprises à l'équipe du film, la présence d'un psychologue sur le plateau parce que le film est un peu extrême pour ses acteurs, les spectateurs mâles et femelles en chaleur face à une divine Margot Robie en Harley Quinn, les trailers, les trailers des trailers, les trailers internationaux, les présentations des personnages, les affiches colorées... Nous avons fait face à une réelle surcharge d'informations sur un objet culturel qui n'en avait pas besoin pour fonctionner.

« Comment ça mon personnage est sous-utilisé dans des scènes ne dépassant pas les trois minutes ? »
« Comment ça mon personnage est sous-utilisé dans des scènes ne dépassant pas les trois minutes ? »
La hype était terrible: première adaptation de plusieurs bad-guys célèbres, une ambiance décomplexée construite à coup de vannes, de reparties et de musiques non-originales à la manière d'un Guardians of the Galaxy (l'enfant sauvage de la Marvel Universe), avec ce côté subversif propre aux films ayant pour personnages principaux des anti-héros. Le BHFY (Blockbuster Hollywood Fuck Yeah) 2016 était annoncé: plus fort qu'un Captain America: Civil War (que CinéClubMovies a beaucoup aimé, n'est-ce pas?), c'était le film de l'été.
Et comme le dit le proverbe: plus haut est le sommet de l'hypitude, plus forte sera la déception.

Le DC Universe que la Warner Big Ballz tente de mettre en place peine à trouver son public. Les critiques de Batsi V Homme-Super étaient désastreuses et les critiques américaines de Suicide Squad défoncent le film. Attention: Suicide Squad n'est pas un mauvais film. Seulement, en plus d'être décevant vis-à-vis de la hype que le film imposait, le problème de L'Escadron Suicide est symptomatique de l'univers des récents Détective Comics au cinéma.
Pourtant, The Dark Knight avait tout changé dans le rap-game des films de super-héros, avant qu'Avengers débarque pour installer la toute-puissance de Marvel. Nous avions alors le droit à deux visions d'auteurs: une vision sombre et très réaliste avec la trilogie de Christopher Nolan et une autre vision plus légère, pleine de punchline avec le film de Joss Whedon.

Et Suicide Squad, c'est un peu le bâtard de la bande, dans le sens noble du terme. Naviguant entre les deux genres, cherchant alors sa propre identité au sein d'un univers bancal.

« After Earth était un très bon film, ok ?! »
« After Earth était un très bon film, ok ?! »
Le film est un chocolat à la liqueur: à l'extérieur, c'est chouette, mais à l'intérieur, c'est répugnant. Merci qui? Le scénario et le montage. Deux points essentiels d'un film qui se résument à un point, l'écriture de ce film est catastrophique, surtout pour un film choral.
Ici, on se concentre surtout sur la merveilleuse Margot Robbie et sur le gros melon de Will Smith. Et s'ils commencent très bien les présentations avec deux styles de narrations différentes pour Deadshot et Harley Quinn, ils accélèrent ensuite le processus pour les autres personnages, expédiés en quelques phrases. Pire encore, ils introduisent un membre dans la Suicide Squad sans rien dire, sans qu'on sache réellement qui est le bonhomme (sauf pour les fans de comics visiblement) pour pouvoir le tuer quelques minutes après sans faire trop de vagues.

Et puis, pour un scénario d'un film de salopard comme ils disent, c'est bien trop mignon. Est-il impossible de faire un film de méchant avec... au hasard, des vrais méchants, messieurs les producteurs? Évidemment, c'est bourré de bons sentiments, de chantilly et d'ours en peluche. Des tires-larmes par-ci par-là et la fameuse tirade : « vous êtes ma famille les gars » prononcée en fin de film. D'ailleurs, le personnage de Will Smith est symptomatique du problème: il n'incarne pas un méchant, il incarne simplement une espèce de militaire un peu nihiliste, mais pas trop non plus. Alors que... c'est un tueur à gage quand même, il tue de sang-froid... c'est pas rien, si?

Certaines personnes devant Suicide Squad.
Certaines personnes devant Suicide Squad.
Le pire reste quand même le montage. Le rythme est assez étrange: soit le film est affreusement poussif avec des explications à tout bout de champ, soit le film ne prend pas assez son temps. Le début du film est un bon exemple: il prend son temps pour décrire deux personnages, puis se précipite pour les personnages suivants. Et c'est dommage, car David Ayer a une réelle patte artistique et dirige parfaitement ses acteurs mais comment voulez-vous qu'ils s'expriment dans des scènes hachée au couteau pour qu'elle durent moins de trois minutes ?

Un exemple? Jared Leto. Oui, vous l'attendiez comme une étoile dans la nuit, un phare dans l'océan et... sans doute qu'il est très bon mais comment voulez-vous qu'on le sache dans des scènes expédiées en moins de trois minutes? L'idée, avec Heath Ledger, était la lenteur de ses scènes, Christopher Nolan prenait alors son temps pour installer la tension. Ici, rien. Un rire, une punchline et hop, disparu le Jojo, le KerKer, le Joker.

« Faites pas attention à moi, je ne sers à rien... »
« Faites pas attention à moi, je sers à rien... »
Les quelques qualités se trouvent ici et là, grâce à une réalisation généreuse de l'auteur-réalisateur David Ayer. Si le film se cache derrière des musiques couvrant pratiquement tout le film, ne laissant ainsi aucun moment de silence - sinon le spectateur s’ennuie?, et des blagues forcées, il propose cependant une réelle marque artistique, pleine de couleur.
D'ailleurs, c'est une grande différence avec les films de la Marvel Universe: le film a un réel cachet esthétique. Se passant majoritairement de nuit dans des décors souvent déserts, l'équipe artistique de Suicide Squad proposent alors de superbes costumes, allant du très simple avec El Diablo, au plus fourni avec le Joker. Ainsi, les personnages ont le droit à une attention particulière pour chacun d'entre eux.

Les acteurs, eux, restent géniaux... quand ils ont l’occasion de proposer quelque chose. Margot Robbie sauve réellement le film avec une interprétation parfaite d'une Harley Quinn ajoutant enfin un peu de saveur au crew des méchants. Will Smith, malgré son rôle en carton, semble investi dans l'affaire et Viola Davis est absolument crédible dans son rôle de femme forte, capable de tuer de sang-froid... et si c'était elle la réelle méchante? Et pour en revenir au Joker, malgré ses quelques scènes tenant plus du caméo, Jared Leto propose quelque chose de différent dans ce fameux rôle. Plus conscient de son business, moins anarchique, plus propre sur lui, l'acteur s'amuse dans son rôle et nous attendons la Director's Cut du film ou la suite pour en voir plus.

Vous allez prendre votre pied devant le film, les scènes d'actions sont vraiment chouette, quelques moments sont très amusants et vous n'allez pas perdre votre argent en allant voir Suicide Squad. Seulement, l'équipe marketing de la Warner ont donnés tellement d'information contradictoire avec le produit brut que le film déçoit forcément.
Les intentions de David Ayer n'étaient pas mauvaises, simplement, l'univers cinématographique DC peine encore à se trouver, avançant dans le noir, par peur de faire pâle figure face au monstre Marvel. On y croit: la prochaine, c'est la bonne.

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MessageSujet: Re: Faites pas gaffe.   Mer 6 Avr - 16:06

Demoliton
Avant de commencer cette critique, je dois absolument parler de ma relation particulière avec l'acteur / producteur Jake Gyllenhaal. En effet, je considère qu'il est l'un des acteurs les plus talentueux de sa génération (c'est-à-dire celle des années 2000, puisqu'il a réellement pris de l'important avec Donnie Darko de Richard Kelly) mais il n'en a pas toujours été ainsi.
Seulement, c'est un problème que je dois régler en privé avec lui alors... je vous prierais de bien vouloir nous laisser un peu d'intimité... (désolé).

Cher Jake,
Ma petite amie est plus amoureuse de toi qu'elle est amoureuse de moi. Oui, je sais, c'est très triste à dire. Et honnêtement, je ne comprends pas : je suis bien plus beau et talentueux que toi ! Enfin, je crois...
Alors, plus j'avançais dans ma vie, avec cette certaine jalousie à ton égard, plus je croisais ton regard angélique à travers les nombreux films que je voyais. Alors, forcément, j'ai compris que tu étais, finalement, un excellent acteur. Tu es fort, très fort.
En même temps, tu as toujours su choisir les bons films ainsi que les bons réalisateurs, et c'est très intelligent de ta part d'ailleurs, : Richard Kelly, Ang Lee, Sam Mendes, David Ayer, David Fincher, Denis Villeneuse, David O. Russell et maintenant Jean-Marc Vallée.
Petit malin.
Ah oui, aujourd'hui, j'écris ma première critique sur cineclubmovies.fr (maman, si tu me regardes !) et je ne pense pas que t'écrire me facilite la tâche, mais bon, j'en avais besoin. Puis, après tout, tu le fais bien dans le film donc pourquoi pas ?
Et puis, après tout, je dois assumer que, maintenant, quand je vois ton visage sur une affiche de film dans le métro, ma culotte mouille dans l'eau glacée que provoque en moi le cinéma. Alors oui, quand j'ai vu ton visage et ta petite barbe de trois jours sur l'affiche de Demoliton, j'ai eu hâte de le voir, peut-être même plus que ma copine et c'est fort parce qu'elle est réellement intenable quand elle te voit à l'écran ! D'ailleurs, ne parlons pas de choses qui fâchent mais je te demande de ne plus prendre de muscles pour un film, je ne pense pas qu'elle tienne le coup une nouvelle fois, comme pour Southpaw.
Enfin, revenons à la critique.



Jake Gyllenhaal as "Davis" in DEMOLITION. Photo Courtesy of Fox Searchlight. © 2016 Twentieth Century Fox Film Corporation All Rights Reserved


Banquier d'affaires ayant brillamment réussi, Davis a perdu le goût de vivre depuis que sa femme, Julia, est décédée dans un tragique accident de voiture. Malgré son beau-père qui le pousse à se ressaisir, il sombre de plus en plus. Un jour, il envoie une lettre de réclamation à une société de distributeurs automatiques, puis lui adresse d'autres courriers où il livre des souvenirs personnels. Jusqu'au moment où sa correspondance attire l'attention de Karen, la responsable du service clients. Peu à peu, une relation se noue entre eux. Entre Karen et son fils de 15 ans, Davis se reconstruit, commençant d'abord par faire table rase de sa vie passée…
Sérieux les gars, qui est le mec qui a écrit ce synopsis ? (Allociné... franchement... même le synopsis de Wikipédia est meilleur !)
Partons quand même du postulat suivant : Davis vient de perdre sa femme. Dans le deuil, les psychologues ont établis cinq étapes par lequel le sujet doit passer pour se reconstruire : le choc et le déni, la colère, le marchandage, la dépression et l'acceptation. Seulement : est-ce une science exacte ? Ici, le film utilise ces cinq étapes mais il les transforme et surtout, il les mélange. Ainsi, de ce principe-là, Jean-Marc Vallée établit le portait d'un homme, perdu, au centre de l'une des plus grandes souffrances : la perte d'une femme et la perte d'une enfant. Le film passe son temps à créer un décalage entre la réaction des parents de Julia et sa propre réaction.
Les parents suivent le schéma classique des étapes énoncés précédemment tandis que lui suit un chemin plus tordu, plus complexe et il est alors mis au premier plan de sentiments complexes : ce que la société (c'est-à-dire ce que son environnement exige de lui) et les siens.
Ainsi, le scénario brille par son intelligence, capable de créer des situations assez burlesques (cette scène où le père, déchiré par la récente mort de sa fille unique, parle de Karen avec beaucoup d'émotion et où Davis ne trouve comme unique réponse celle d'une fausse question posée en début de dialogue : "pourquoi les cocktails sont si cher dans ce bar ?").
Davis semble réagir à l'encontre de ces cinq étapes mais il n'en est finalement rien : il est simplement perdu et inverse ce processus. Nous assistons pas à la chute d'un homme qui aurait perdu le goût de vivre comme expliqué dans le synopsis mais nous assistons à la reconstruction d'un homme, semblable à l'Étranger que décrit Albert Camus au début de son livre.

Et cette relation épistolaire puis platonique entre Karen et Davis accompagne cette idée : il ne s'agit pas de dire que Davis passe par une autre femme ou à autre chose très rapidement, il s'agit de partir de l'acceptation au choc.
De la destruction à la reconstruction.
Davis comprend alors qui il est et surtout, ce qu'il était : cet homme sans problème qui ne regarde même plus ce qu'il a et donc qui ne peut plus comprendre ce qu'il a perdu. Et il n'est pas le seul à détruire pour se reconstruire, le fils de Karen aussi : il se fait détruire pour mieux se reconstruire et cet place de mentor qu'occupe Davis dans sa vie le conforte à être ce qu'il est vraiment.

Jake Gyllenhaal as "Davis" in DEMOLITION. Photo Courtesy of Fox Searchlight. © 2016 Twentieth Century Fox Film Corporation All Rights Reserved

Cher Jake,
Soyons franc : je n'ai que très peu d'aisance avec le cinéma de Jean-Marc Vallée.
À part le fameux Dallas Buyer Club (que j'ai trouvé assez ennuyeux malgré les fabuleux acteurs), je n'ai rien vu de la filmographie du réalisateur.
Dommage, je ne voulais pas monter mes faiblesses dans ma culture cinématographique dès ma première critique mais qu'il en soit ainsi... Bravo à toi, encore un rôle à la hauteur de ton talent ! Tu es assez incroyable, tu arrives à transformer ton jeu d'acteur de base pour chaque film juste en créant un personnage à partir de détails : tes tocs dans Prisoners ou même ton sourire étrange dans Nightcrawler, tu portes le film (comme tu as pu le faire dans Southpaw ou même Donnie Darko) avec une telle intensité que... chapeau bas l'artiste comme on dit !
Tu apprécies cette critique ?
En tout cas, ce film fait clairement partie de tes meilleurs rôles. Félicitation.
Peut-être que je suis, moi aussi, en train de tomber amoureux de toi...

Le traitement visuel que Jean-Marc Vallée utilise est cependant étrange.
Au début, le film étonne par cette omniprésente caméra à l'épaule qui bouge sans cesse. Alors, elle crée une sorte de présence, comme si elle exprime les tourments que Davis n'arrive pas à exprimer. D'ailleurs, la caméra se calme quand il commence à raconter son histoire à travers ses lettres.
Alors que le scénario brille par son intelligence et sa finesse, Jean-Marc Vallée nous impose des flashbacks onirique parfois un peu lourdingue, un traitement parfois sur-réaliste pour nous expliquer, si jamais le spectateur ne comprenait pas, que sa femme est toujours dans ses pensées, malgré ce qu'il dit en début de film. Honnêtement, c'est dommage parce que le scénario nous laisse comprendre cette réalité au fil du temps. Ces procédés semblent parfois artificielles, ils ne nuisent pas au récit, mais ils ajoutent ce pathos que le film tente d'éviter pour ne pas tomber dans le drame classique.
Cependant, quand il esquive ce traitement, Jean-Marc Vallée réussit avec brio à nous entraîner dans la douceur, dans la bipolarité et puis dans le sentimental avec justesse et précision. Nous passons des rires, aux larmes, au chaud sourire d'une réelle compassion et exprime alors des thèmes très intéressants : la reconstruction, l'homosexualité ou encore, les relations sentimentales. Alors, il ne réalise pas ce qu'il a perdu jusqu'au moment où il comprend ce qu'il a réellement perdu : non pas la superficialité d'une vie dans un bel appartement de banlieue américaine mais l'amour d'une vie qu'il n'a jamais réussi à comprendre. Alors, nous comprenons que rien n'est acquit et que tout se gagne, même quand le combat semble être remporté.
La reconstruction par la destruction.

Nous sortons du film heureux, prêt à empoigner la vie, les larmes aux yeux, le sourire aux lèvres.
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MessageSujet: Re: Faites pas gaffe.   Dim 22 Mai - 12:40

Comment vous est-il venu l'idée de faire ce film, et quelles ont été vos inspirations lors du processus d'écriture ?

L'idée m'est venu au mois de juin 2015, à la sortie de salle du film Vis

L'idée m'est venu au mois de juin 2015, après la projection du Pixar Vice-Versa, à un temps où la création me manquait. Il n'y a pas vraiment de raisons qui m'ont poussés à raconter cette histoire, Needle s'est imposé à moi d'une manière assez romantique et je pense que c'est le résultat d'une accumulation d'histoires, d'images et d'obsession.
Cependant, j'ai écris plusieurs versions, dix au total avant de trouver le ton juste. Mes premières inspirations étaient purement visuelles et musicales : Tulsa de Larry Clark, Love de Gaspar Noé, Laurence Anyways de Xavier Dolan, la tétralogie de la mort de Gus Van Sant et Maggot Brain de Funkadelic ainsi que Before the Beginning de John Frusciante.
Ensuite, pour la huitième version, la plus proche de la version définitive, le ton a été trouvé après la lecture de 99F de Frederic Beigbeder où il disait « la coke parisienne, c'est de la merde » et d'ici est venu les deux premiers dialogues en plan-séquence.
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MessageSujet: Re: Faites pas gaffe.   Lun 23 Mai - 18:39

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MessageSujet: Re: Faites pas gaffe.   Lun 23 Mai - 19:25

Que ce soit pour l'époque bohémienne parisienne qui se dégage dans ce film, ou bien pour la rivalité artistique mêlée à de l'admiration mutuelle ainsi qu'à une profonde amitié, Cézanne et moi dégage un certain charme, ce même charme des histoires d'amours. Le film puisse sa réelle force dans les prestations (parfois inégales) des deux Guillaumes et dans l'aura de leurs personnages respectifs. Malheureusement, le scénario paraît lourd et passe complètement au-dessus de certains thèmes, pour au final, survoler son propre récit.
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MessageSujet: Re: Faites pas gaffe.   Aujourd'hui à 22:18

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